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La dyslexie : comprendre le trouble et ses impacts

Bien qu’aucune étude n’ait donné de chiffres fiables à propos de la dyslexie, l’on estime qu’environ 5% des enfants et adolescents en souffrent[1]. Et même si ce trouble dys est le plus connu des troubles des apprentissages, sa prise en charge reste encore imparfaite. Aujourd’hui encore, 70 à 80% des dyslexiques présentent des difficultés dans la maîtrise du langage (lecture, écriture, expression)[2]. Toutefois, des solutions existent – notamment l’intervention du numérique dans la scolarité, un accompagnement adéquat, la formation à distance… Voici quelques indispensables à connaître pour mieux appréhender la dyslexie.


Qu’est-ce que la dyslexie ?

La dyslexie est un trouble spécifique du langage qui affecte la lecture. Elle est à ne pas confondre d’autres troubles dys, notamment :

  • la dysorthographie, qui implique une défaillance de l’expression écrite ;

  • la dysgraphie, le trouble affectant la capacité à écrire ;

  • la dysphasie, qui touche le langage oral.


Toutefois, la dyslexie peut s’associer à d’autres troubles dys, puisque dans près de 40% des cas, les personnes dys cumulent deux troubles des apprentissages ou plus.


Par définition, la dyslexie correspond à une mauvaise association entre les graphèmes (les lettres) et les phonèmes (les sons associés aux lettres). S’ensuit une inaptitude à envisager les mots dans leur globalité, lors de la lecture (stade orthographique). Ainsi, la dyslexie survient dès le début de la scolarité primaire, au moment de la maîtrise du stade alphabétique (apprentissage des lettres), et se fait plus nette lors de l’apprentissage de la lecture[3].


Comment la dyslexie affecte-t-elle la vie scolaire et personnelle ?

  Dyslexie et scolarité

L’enfant dyslexique vit une scolarité compliquée et ce, dès le cours préparatoire – moment de l’apprentissage des bases de la lecture. Ne parvenant pas à acquérir ce savoir fondamental, les difficultés vont le suivre tout au long de sa vie scolaire.

Les conséquences concrètes sont sévères[4] :

  • l’élève tient mal ses cahiers, si bien qu’il a du mal à étudier et faire ses devoirs ;

  • l’accès à l’information devient complexe ;

  • l’enfant n’aime pas lire (ni écrire) ;

  • toutes les matières sont impactées, puisque tous les apprentissages passent par la lecture ;

  • l’élève faillit aux contrôles et examens, ayant du mal à décrypter les énoncés et, potentiellement, à rendre une copie lisible et/ou complète.

Au final, les résultats scolaires de l’enfant ne sont pas à la hauteur des efforts fournis. Son estime personnelle décline, si bien qu’il peut envisager d’interrompre sa scolarité plus tôt que prévu malgré des capacités intellectuelles lui permettant de la poursuivre, ou de s’orienter vers une filière en deçà de ses aptitudes réelles.


Les témoignages d’enfants dyslexiques vont souvent en ce sens, comme celui d’Arnaud[5] : « L’école est souvent source de souffrances. S’y exprime une sorte d’injustice vis-à-vis de l’élève dyslexique : à intelligence et travail égaux, il n’a aucune chance de faire face à ses camarades. Il doit donc travailler doublement. Autre problème : le jugement de camarades parfois cruels, à l’origine d’un fort sentiment d’incompétence et d’infériorité qui peut marquer à vie. Vivre un échec dans cette première structure d’intégration sociale qu’est l’école te met à l’écart dès le début de ta vie. Plus tard, il te sera difficile de mener à bien une formation professionnelle standard et qui corresponde à ton potentiel ou à ton choix ». 


Dyslexie au quotidien

Toutefois, la dyslexie impacte aussi la vie personnelle des enfants et de leurs familles, à de multiples degrés.


Tout d’abord, une dyslexie non prise en charge peut déboucher sur un illettrisme pur et simple. Les répercussions psychologiques sont importantes, l’enfant étant honteux de sa différence et se sentant rejeté. L’isolement social est souvent inéluctable. En outre, des difficultés familiales peuvent surgir, les parents devant gérer l’intégralité du quotidien de leur enfant, qui n’est pas autonome – démarches administratives, aide aux devoirs, accompagnement dans tous les actes de la vie courante.


En outre, un enfant dyslexique dispose généralement de moins de mots pour s’exprimer que les enfants neurotypiques – pour information, au niveau CE2, l’enfant dyslexique non dépisté accumule un retard de 10 000 mots environ par rapport à ses camarades non dys[6]. Cette carence de mots peut fortement altérer son quotidien[7] :

  • il interprète mal ce qu’on lui dit (ne comprend pas les consignes, les plaisanteries, les recommandations), si bien qu’il ne sait pas adapter son comportement aux situations ;

  • il éprouve des difficultés à exprimer ses émotions et ses expériences ;

  • il manque de clarté, désignant les objets ou les événements par des mots valises (ça, chose, truc), ce qui peut générer des malentendus avec ses proches.


Les échanges avec les parents, même s’ils sont plus informels que dans le cadre scolaire, sont impactés. Parce que la communication n’est pas fluide, des frustrations peuvent naître de part et d’autre. Pis, le mal-être de l’enfant peut être minimisé, voire passer inaperçu aux yeux des parents. 

 

À ce titre, certains témoignages sont particulièrement poignants[8] : « Je suis dysphasique et dyslexique. L’école était une vraie torture pour moi. J’étais une enfant très mal dans sa peau, triste et limite dépressive. Mes parents me rabaissaient. Ils ont toujours été très durs avec moi et refusaient l’idée que je sois en échec. Cela m’a quelque part aidé à ne jamais redoubler mais cela a totalement détruit ma confiance en moi et ma personnalité ».


In fine, une dyslexie non prise en charge peut avoir des conséquences désastreuses sur le développement psychosocial : mobilité sociale moindre[9], difficultés d’accès à l’indépendance et l’autonomie, désintérêt pour la vie sociale intellectuelle (et besoins intellectuels réprimés), manque de perspectives d’avenir[10], pouvant mener à une grande détresse psychologique, voire un état anxio-dépressif sévère à l’adolescence[11] et à l’âge adulte.


Quelles solutions à la dyslexie ?

Désormais, la dyslexie n’est plus une fatalité. Un dépistage précoce et une prise en charge adéquate peuvent permettre à l’enfant dyslexique de poursuivre une scolarité épanouissante et d’accéder aux études supérieures. Il pourra alors faire le choix d’un métier qui lui plaira, une fois adulte.


Le dépistage se fait à plusieurs niveaux :

  • une vigilance des parents est indispensable, puisque ce sont eux qui peuvent initier la démarche diagnostique auprès du corps médical ;

  • le personnel éducatif peut aussi participer à cette première étape ;

  • le personnel médico-psychologique doit prendre le relais, à commencer par le médecin traitant – entretiens avec l’enfant et sa famille, mobilisation du réseau des professionnels de santé.

 Une fois le diagnostic avéré, la prise en charge doit être optimale[12] :

  • l’équipe éducative doit être informée et adapter sa pédagogie ;

  • l’intervention d’un assistant d’éducation est vivement conseillée, l’enfant dyslexique ayant besoin d’un accompagnement humain individuel ;

  • l’élaboration et la mise en place d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH)[13] est primordial ;

  • la fourniture de matériel par le Ministère de l’Éducation Nationale (après demande auprès de la MDPH)[14], comme un ordinateur pour l’école (indispensable à l’enfant dyslexique pour, par exemple, convertir des textes en fichiers audio), l’est tout autant.


D’autres acteurs peuvent intervenir dans la formation de l’enfant dyslexique, comme les Acteurs de l’inclusion. Notre démarche est simple : nous proposons des formations en e-learning adaptées aux enfants dyslexiques, pour fluidifier l’apprentissage. Notre méthode repose sur des outils de bureautique scolaire adéquats, mais aussi sur un accompagnement personnalisé de chaque apprenant. Notre centre est certifié Qualiopi (certification d’état). Chaque enfant dyslexique équipé d’un ordinateur peut y prétendre.

 

 

 




[4] Fédération Française des Dys, Dyslexie et dysorthographie

[5] 2012, Diagonales no87, Groupe d’Accueil et d’Action Psychiatrique, Dyslexie : conséquences psychosociales

[7] Institut des troubles d’apprentissage, Trouble du langage chez les jeunes adultes  

[12] Fédération Française des Dys, La scolarité des Dys  


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